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Meccad dévoile les dessous de ses outils micromécaniques revisités
 
Le 17-06-2019

L’entreprise de Cossonay va présenter à Genève son savoir-faire au service de l’horlogerie ou des robots de chirurgie mini-invasive.

La vie de sous-traitant est parfois ingrate. Meccad, petite entreprise d’ingénierie en mécanique et microtechnique à Cossonay, en est la parfaite illustration. Fichée d’une raison sociale méconnue, elle est un rouage essentiel dans la conception d’équipements de production d’entreprises phares en Suisse romande, qu’il s’agisse de marques horlogères, de sociétés du secteur alimentaire ou médical. Pour révéler son existence plus largement, elle a toutefois décidé de créer son propre produit, une presse d’assemblage, qui veut faire référence dans sa spécialité.

Robot chirurgical

Présente cette semaine au Salon EPHJ-EPMT-SMT, qui réunit le monde de la sous-traitance à Genève-Palexpo, la société de Cossonay dévoilera certains éléments qui font la nouveauté du produit. De même pour deux autres de ses réalisations innovantes: un outillage pour la production d’un système antichoc de montre (destiné à protéger les axes de balancier au moyen de ressorts d’acier très fins), ainsi qu’un «réducteur cycloïdal», appareil servant à corriger le jeu des pièces d’un moteur de robot chirurgical.

La presse d’assemblage, appelée servo-presse, est un outillage de microtechnique qui permet de mesurer et contrôler les forces et la position de l’emboutissage de composants destinés principalement à l’horlogerie et au domaine médical. Meccad compte développer les applications et l’ergonomie de cet appareil actuellement en prototype. Mais sa particularité sera de compter beaucoup de capteurs afin d’assurer la traçabilité des pièces produites, un aspect particulièrement important dans le monde des medtechs.

«Notre nouveau servo-presse est un produit estampillé Meccad, remarque le directeur Éric Perrier. En outre, nous voulons être initiateurs de projets, et plus seulement dépendre de sociétés qui font fréquemment volte-face et changent d’orientation. Même si nous sommes souples et travaillons bien, c’est toujours une épée de Damoclès, car parfois nous engageons beaucoup de ressources sur un projet.»

Cette nouveauté n’empêche pas la société installée aujourd’hui dans la zone industrielle de Champ-Vionnet à Cossonay de continuer à travailler dans son domaine de compétence: la conception et le développement de machines sur mesure, des petits outillages d’assemblage ou des prototypes de transformation de produits alimentaires, ainsi que la modernisation d’anciens équipements en les adaptant en terme d’électronique, d’automatisation, mais aussi, facteur primordial selon le directeur, en matière de sécurité. Bienvenue dans la «mécatronique»!

L’entreprise compte sept collaborateurs, dont cinq ingénieurs, auxquels viendront bientôt se joindre deux spécialistes de logiciels de mécatronique suite à la reprise d’un partenaire de la région. Éric Perrier, qui a fondé la société à Dizy en 2002, a cumulé une longue expérience en tant que «créatif» dans différents domaines. Après une formation d’ingénieur mécanique généraliste à Tarbes (Pyrénées), il a commencé sa carrière en Suisse il y a 23 ans, dans une entreprise chaux-de-fonnière fabricant des étampes, cet outil complexe de découpe et de pliage, parfois d’emboutissage, sur une bande de métal. Ses clients venaient principalement de l’horlogerie et de l’électronique. Après cela, il a travaillé 3 ans au Locle chez Zenith, avant que le fabricant de montres ne soit repris par LVMH. En tant que chef d’atelier, il dit avoir beaucoup appris dans la fabrication de composants.

Lorsqu’il a lancé son entreprise, il a poursuivi seul son travail de concepteur et constructeur d’étampes pour des sous-traitants de l’horlogerie avec qui il avait conservé des liens. Par la suite, il a engagé des employés à la faveur des mandats d’entreprises d’importance. Aujourd’hui, son atelier paraît un peu étroit, car on y construit trois grosses machines spéciales de polissage pour l’horlogerie, munies de puissants moteurs et d’un système de monitoring de chaque paramètre. Mais le plus souvent, Meccad conçoit et monte des prototypes de petites machines.

Bijou technique

Toutefois, c’est un «engin» plus petit et énigmatique qui fait en ce moment la fierté d’Éric Perrier et qu’il présente en démonstration: son «réducteur cycloïdal». Ce petit bijou technique, sur lequel il travaille depuis plus d’une année, est destiné à un robot de chirurgie mini-invasive polyarticulé développé par la start-up lausannoise DistalMotion. Celle-ci conçoit des appareils de chirurgie mini-invasive permettant d’améliorer la dextérité et le contrôle des opérations tout en réduisant les coûts des interventions.

Celui développé en partenariat avec Meccad, destiné aux interventions de l’abdomen, permet au chirurgien muni d’une console de manipuler de façon très précise deux pinces au bout de fines baguettes grâce à une caméra 3D. Le défi pour la firme de Cossonay consiste à minimiser le jeu dans chacune des articulations grâce à son réducteur cycloïdal alternatif qui permet de corriger le jeu commencé par le moteur en augmentant le couple moteur tout en réduisant la vitesse.

Ce type de diversification dans le médical, qui attire de nouveaux clients, permet selon le directeur de réduire les risques pour son entreprise. Mais aussi d’amener des idées et une expertise supplémentaire aux deux autres secteurs pour qui il travaille, alimentaire et horloger, où il a forgé sa culture et dont il reste très proche.

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