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Les instruments de mesure de Trimos
 
Le 09-05-2019

Les instruments de mesure de Trimos sont à l’échelle de la planète.

Après avoir surmonté la crise du franc fort, l’entreprise de Renens veut grandir avec de nouveaux produits de haute précision.

La précision Swiss made a de beaux jours devant elle. Pas seulement dans les montres, mais également dans l’instrumentation de mesure, un secteur plus discret mais qui compte plusieurs fleurons dans le canton de Vaud et dont les outils sont très recherchés par les industriels aux quatre coins du monde pour la production de pièces mécaniques ultraprécises. Trimos, à Renens, qui a remis les pendules à l’heure après la crise du franc fort en 2015 grâce à d’importants investissements et le lancement de nouveaux produits, s’est relancée sur le chemin de la croissance.

«Après une période difficile, notre activité était en progression en 2017, et 2018 a été une année exceptionnelle», se réjouit Patrice Kemper, directeur général, quelques jours avant une importante exposition à Stuttgart où se retrouvent les principaux acteurs de la branche. Bien qu’il s’attende à un probable ralentissement cette année et l’an prochain, «notre industrie étant impactée par beaucoup d’événements, l’état d’esprit reste positif».

Nouveau site en réflexion

Au point que le directeur général – aujourd’hui unique propriétaire de l’entreprise rachetée il y a vingt ans avec son père – est en train d’évaluer la construction d’une nouvelle usine dans la région lausannoise. Le bâtiment de Renens, avenue Longemalle, n’étant plus adapté aux besoins. À relever que, pour répondre aux nécessités de précision extrême des instruments qui y seront fabriqués, le terrain du futur site doit être choisi en évitant rigoureusement les zones de vibrations sismographiques! Trimos, fondée en 1972, a développé quatre types d’instruments de mesure, dont la gamme phare qui a fait sa réputation dès son origine et dans laquelle elle s’affirme comme leader mondial: les colonnes de mesure verticales. On les retrouve dans les ateliers de fabrication à côté des centres d’usinage pour les mesures dimensionnelles des pièces de précision mécaniques. Le directeur général cite principalement les secteurs de l’industrie automobile (BMW ou Hyundai) ou aéronautique (Boeing), les compagnies aériennes pour la maintenance des moteurs d’avions, les machines-outils et l’industrie médicale (prothèses), etc. Les grands groupes les acquièrent par centaines tandis que les petites sociétés spécialisées dans l’usinage disposent de deux ou trois appareils.

L’entreprise, de taille beaucoup plus modeste que ses concurrents allemands, japonais ou… renanais (Tesa), se profile comme «un spécialiste dans la métrologie dimensionnelle» qui offre des fonctionnalités et des accessoires particuliers, indique Patrice Kemper. Elle produit généralement de petites ou moyennes séries de 50 à 500 pièces. «Au niveau prix, nous arrivons à être compétitifs. Notre stratégie n’est pas d’être le moins cher, mais au niveau du marché avec des fonctionnalités supplémentaires.» La gamme des instruments verticaux a ainsi été révisée en profondeur ces dernières années. Si la mécanique n’a pas fondamentalement changé, les nouvelles technologies électroniques ont permis de beaucoup simplifier l’utilisation de ces appareils de mesure. L’écran tactile couleurs a remplacé le clavier et les boutons traditionnels afin de faciliter les opérations et de les rendre plus intuitives pour des opérateurs de toutes formations. Les multiples langues ont désormais disparu des écrans au profit d’icônes et d’illustrations des pièces, un langage universel compris aux États-Unis, en Chine, comme en Amérique du Sud ou en Russie.

Une seconde gamme importante du catalogue de Trimos est celle des appareils horizontaux, qui servent à mesurer les grosses pièces jusqu’à 12 mètres par mesures comparatives. Ceux-ci sont utilisés pour contrôler des turbines hydrauliques, turbines à gaz, des éoliennes ou pour l’industrie aéronautique. Dans cette gamme figurent également les instruments de calibration des appareils de mesure – les plus pointus en matière de précision – destinés aux laboratoires de contrôle de qualité de grands groupes, les centres nationaux de métrologie ou des labos indépendants de référence.

Diversification

Afin de se diversifier, Trimos a développé deux nouvelles gammes de produits: les appareils de mesure d’état de surface sans contact ainsi que les bras de mesure utilisés pour le contrôle de grandes pièces (de 1 à 4 m). Les premiers servent notamment à contrôler les disques de freins automobiles, mais sont utilisés également dans de multiples domaines: médical, horloger, cosmétique ou matériaux spéciaux. Les bras de mesure, vendus depuis deux ans et produits pour le moment en sous-traitance, fonctionnent au moyen d’un système de palpeurs ou de lasers.

L’équipe de recherche et développement de Trimos compte sept employés sur un total de 53, un nombre qui fluctuait par le passé plutôt entre 40 et 50 selon les cycles conjoncturels. La PME compte quatre responsables de marchés dans le monde, mais pas de vendeurs car elle écoule ses produits à travers des agents exclusifs indépendants afin de couvrir les nombreux pays où ses produits sont vendus. Rien qu’en Chine, de loin son plus gros marché, pénétré dès l’an 2000, son distributeur travaille avec une centaine de vendeurs… Outre les États-Unis et la Russie, l’Inde est en plein boom, note le dirigeant. Le chiffre d’affaires de Trimos est aujourd’hui de près de 16 millions de francs, contre 11 millions il y a quinze ans.

Investissements importants

Ces dernières années, relève le directeur de 50 ans – ingénieur EPFL qui a obtenu un MBA –, l’entreprise de Renens a révisé la conception de ses produits et amélioré ses méthodes de production et de montage pour les rendre plus efficientes. Elle s’occupe désormais à l’interne de certaines opérations auparavant sous-traitées et elle a acquis des machines automatisées qui travaillent seules la nuit pour la production de certaines pièces. Des investissements certes importants, souligne Patrice Kemper, mais qui ont permis de réduire les coûts de production et de faire face au fort renchérissement du franc et donc de ses produits destinés en très grande majorité à l’exportation. À l’avenir, ces instruments seront encore plus précis et évolueront vers toujours plus de technologie sans contact, estime le CEO, qui veut voir grandir sa société.

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