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LakeDiamond, une ICO trop suisso-suisse?
 
Le 31-01-2019

La start-up vaudoise LakeDiamond voulait lever 60 millions de francs à travers une ICO lancée en octobre. A mi-parcours, elle a attiré seulement 5 millions. Notre analyse

A moins d’avoir vécu dans une grotte à l’automne dernier (ou de ne pas s’intéresser aux nouvelles techno-économiques locales), il est difficile de ne pas avoir entendu parler de l’ICO lancée par LakeDiamond en octobre. La start-up vaudoise voulait lever jusqu’à 60 millions de francs à travers une émission de jetons numériques, pour accélérer son développement. A mi-chemin de sa campagne de financement, le producteur de diamants industriels a récolté 5 millions de francs. Quels enseignements tirer de ce modeste résultat?

L’opération de LakeDiamond présentait un profil rassurant. Contrairement aux milliers d’ICO lancées sur la base de projets plus ou moins fumeux (et qui échouent souvent), l’entreprise existe (un luxe dans le monde des ICO), elle comptait une vingtaine d’employés cet automne et génère des revenus grâce à une technologie de pointe développée à l’EPFL.

Partenaire idéal

Pour la première phase de sa levée de fonds, la start-up s’est alliée à Swissquote, qui permet à ses clients d’investir dans des cryptomonnaies depuis l’été 2017. La banque en ligne semble être le vecteur idéal pour leur proposer l’étape suivante: acquérir des jetons numériques (également appelés token), avec un rabais de 10%, sans portefeuille numérique et sans devoir payer en cryptomonnaies. Les clients de Swissquote ont acheté pour 2,2 millions de francs de jetons LakeDiamond, avec un investissement moyen de l’ordre de 1000 francs (la start-up a levé le reste en direct).

Surtout, la levée de fonds de LakeDiamond repose sur des actifs réels. Ses actifs numériques donnent le droit d’acquérir du temps de travail des machines de la société et d’encaisser 70% des revenus dégagés pendant ces minutes ou ces heures. Ou de se faire fabriquer un diamant – plus haut degré de pureté garanti. Cerise sur le gâteau, la presse romande et internationale s’est largement intéressée à cette levée de fonds made in Switzerland.

Pourquoi ça coince

Alors, pourquoi seulement 5 millions? Certes LakeDiamond a atteint son soft close, le montant minimum nécessaire pour continuer sa levée de fonds (jusqu’au 10 mars). Elle a pu recruter et construire des réacteurs (le nom de ses machines), à 700 000 francs l’unité. Mais le timing n’est pas idéal: les cryptomonnaies ont perdu près de 80% de leur valeur en 2018. Et tout ce qui leur est plus ou moins rattaché plonge avec elles, même si leurs fondamentaux sont différents.

L’opération de LakeDiamond a peut-être été aussi très suisso-suisse, en jouant à fond la carte de la qualité à croix blanche, ce qui a pu limiter l’attrait d’investisseurs internationaux. Enfin, les perspectives de gain sont en valeur absolue attractives: un jeton acheté 55 centimes peut générer jusqu’à 2,70 francs de revenus. Mais elles restent bien loin des multiples de 100 ou de 1000 que font miroiter des start-up plus agressives (et souvent plus explosives).

En janvier, LakeDiamond a conclu un partenariat avec un acteur de l’énergie à Abu Dhabi, dans un projet de transport d’énergie sans fil (et grâce à ses diamants industriels). C’est aussi un moyen de diversifier son financement et de se rapprocher de sources d’argent traditionnelles, bien loin des ICO.

Sébastien Ruche

LE TEMPS

 



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