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UNE BIENNOISE RÉVOLUTIONNE LA COSMÉTIQUE
 
Le 29-10-2018

Après avoir conquis l’horlogerie, Babette Keller-Liechti s'attaque à la cosmétique. Visite chez une entrepreneuse hors pair.

Au diable la ouate! De toutes les matières, c’est la microfibre qu’elle préfère. Lauréate en 2009 du Prix Veuve Clicquot pour avoir dépoussiéré l’horlogerie et la joaillerie avec des serviettes de polissage, des gants de présentation et des étuis de protection, Babette Keller-Liechti (55 ans, cinq fois grand-mère) révolutionne la cosmétique.

Rouge à lèvres, mascara et fond de teint: son gant démaquillant nettoie le visage en profondeur sans apport chimique. Seul restriction: les faux cils! «Mon gant remplace 1460 rondelles de cotons!», assène Babette Keller-Liechti.

Son DémaquiGant est le prolongement d’un partenariat conclu avec un producteur coréen de tissu en microfibre. Premier marché acquis il y a 25 ans: l’horlogerie, pour la manipulation et le polissage des montres dans les salons d’exposition.

Une réponse à la maladie

Affectée depuis 2009 par une douloureuse maladie orpheline incurable qui mouille ses yeux, Babette Keller-Liechti a cherché un moyen de les nettoyer sans produit chimique. Si elle garde ses secrets de fabrication, la Biennoise résume le principe de base: un tissu en microfibre bouclée qu’il suffit de mouiller avant l’usage pour permettre aux filaments de pénétrer dans les pores de la peau.

Son produit se veut une alternative aux démaquillants nocifs pour la peau et la planète. «La durée de vie de mon gant est de minimum deux ans», assure la fondatrice des sociétés Keller Trading et KT Home. Public cible: «Toutes les femmes», mais aussi les ados et leurs soucis d’acné, ainsi que les bébé et leurs aînés avec leur peau délicate.

La Suisse avant le monde

Sa fibre n’est ni traitée, ni colorée, ce qui fait sa singularité. Sa distribution suisse est réservée à Manor, mais Babette Keller-Liechti s’envolera dans une semaine à destination de Shanghai pour conquérir l’e-commerce, un marché autrement plus apte à absorber une capacité de production mensuelle d’un million de pièces .

«J'aime la technique et j’ai la maîtrise de la microfibre», assure Babette Keller-Liechti, en se démaquillant. Son produit, elle l’exige naturel dans un secteur qu’elle juge «toxique». À son actif: une serviette anti-bactérienne, inusable et très absorbante grâce à un apport élevé en fibre de carbone.

Quel chemin parcouru depuis son apprentissage de vendeuse en chaussures! Dans sa vie romancée, son père qui travaillait dans l'horlogerie lui a demandé en 1987 de fabriquer des étuis pour Breitling. Demande exaucée de nuit, sur une machine à coudre installée dans sa chambre à coucher...

Le Matin

 



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