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A Besançon, dans les coulisses d’Usigep, un sous-traitant du luxe petit, mais costaud !
 
Le 11-07-2018

USINAGE/DOUBS. En toute discrétion, l’atelier d’usinage et sertissage pour pièces de joaillerie et d’horlogerie s’est installé sur les hauteurs de Temis et poursuit ici ses travaux ultra-précis.
Les clients d’Usigep sont des sous-traitants de rang 1 du luxe, ateliers d'horlogers et joailliers de Besançon, du haut-Doubs et de Paris.


L’entreprise était auparavant à cheval sur deux sites, à Besançon, et s’est installée fin 2017 dans des locaux uniques, sur les hauteurs de Temis, mais dans un endroit retiré. Cette discrétion est typique des sous-traitants horlogers qui ne vivent jamais aussi bien que cachés, estiment-ils encore souvent.

Eric Pillot, le dirigeant d’Usigep, est de ceux-là. Il est à la fois fier de montrer le savoir-faire de l’entreprise qu’il a créée en 2012, en rachetant l’atelier bisontin Muller Fabrication, et soucieux de ne pas trop en dévoiler pour garder la confiance de ses clients. Il ne dévoilera d’ailleurs ni le chiffre d’affaires ni le montant des derniers investissements que l’on devine importants pour une si petite entreprise, de 8 salariés.

Horloger spécialiste des boîtiers de montres, Eric Pillot avait longtemps travaillé chez Jean Monnier, un autre atelier horloger bisontin spécialisé dans les prototypes, avant de reprendre l’atelier du chemin de l’Escale qui vient d’être rapatrié à Temis et de se rapprocher, enfin, du bureau d’études. Les deux entités étaient auparavant séparées, faute de place.

Usigep est aujourd’hui spécialisée dans les prototypes et les pièces uniques de joaillerie et boîtiers de montres pour des ateliers horlogers et joailliers de Besançon, du haut-Doubs et de Paris. « Des clients exclusivement français », précise Eric Pillot, à qui l’on a évidemment demandé s’il travaillait aussi pour l’horlogerie suisse. « Nous avons suffisamment de travail comme ça », avait-il alors répondu.

Les ateliers clients assurent ensuite les finitions des pièces. « Ici nous assurons seulement l’usinage et le sertissage, nous laissons le polissage et le montage à d’autres. Nous sommes des sous-traitants de rang 2 », explique-t-il encore pour justifier à nouveau la discrétion nécessaire à son activité.

Ses clients sont des sous-traitants de rang 1 fournissant des composants à de grands noms du luxe. « Les plans des pièces que nous devons usiner arrivent de nos clients de rang 1, nous ne connaissons pas le nom du client final », ajoute malicieusement le dirigeant, qui a tout de même sa petite idée des grands noms en question.

Partie de deux à la création, en 2012, la société emploie aujourd’hui huit personnes dont la moitié est issue de l’horlogerie. La taille idéale ? Son dirigeant la voit à une dizaine de personnes, pas davantage. « Ici on prend le temps de faire ce que d’autres ne font pas. Nous offrons une réactivité que nous pourrions perdre en grossissant trop. »

Deux des employés sont en contrat d’alternance avant de passer en contrat professionnel. Trouver les bonnes compétences, avec de la polyvalence, n’est finalement pas si facile, même à Besançon…

Dans les nouveaux locaux de Temis, au premier étage, se trouve l’atelier de sertissage. Ici, devant de grandes fenêtres, travaillent trois opérateurs chevronnés, sous binoculaire. Une partie du savoir-faire d’Usigep est là, dans ces opérations manuelles, ultra-précises, où des pierres précieuses de 0,7 à 3,5 mm de diamètre vont patiemment être insérées sur des supports de bagues, pièces de bracelets et autres bijoux et montres.

Une nouvelle machine d’usinage cinq axes

L’autre partie du savoir-faire est au rez-de-chaussée. Le bureau d’études, où deux techniciens pilotent les logiciels de FAO et de DAO, côtoie l’atelier d’usinage. Là, aiguillés par les techniciens, on essaie de repousser toujours plus loin les limites, car ce que les clients d’Usigep apprécient, c’est son expertise de l’usinage, son parc machines pointu et sa capacité à réaliser des pièces toujours plus complexes.

« Cela passe par ce système de FAO et par une maîtrise poussée des machines », explique encore le dirigeant. L’atelier précédent du chemin de l’Escale ne faisait que 380 m2, le nouveau s’étale sur 850 m2. « Nous pouvons respirer, enfin. »

En ce début d’été, une nouvelle machine d’usinage cinq axes vient d’arriver qui devra permettre de repousser encore plus loin la précision. Comme la dizaine d’autres machines, elle permet de transformer des pièces brutes de métaux précieux en composants de bijoux ou horlogers, avec les trous pour le sertissage de pierres précieuses, bien souvent.

Pour cette pièce de bracelet qui ne sera fabriquée qu’en trois exemplaires, les opérations de fraisage, inférieures au millimètre, vont aussi permettre de former un cylindre courbe et de dégager de petites pattes pour le sertissage. A côté, de petits maillons pour des pièces de joaillerie viennent d’être usinés.

A court et moyen termes, l’objectif n’est pas d’aller sur de nouveaux marchés – Usigep a fait quelques prototypes pour le secteur médical mais n’est pas allé plus loin, l’activité en horlogerie, bijouterie et joaillerie l’occupant déjà suffisamment – mais de pouvoir offrir de meilleurs délais à ses clients. Pour le plus long terme, l’avenir le dira.

Publié par Monique Clémens
www.tracesecritesnews.fr

 



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