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La Suisse recrute dans le Territoire
 
Le 06-12-2017

Une agence d’emplois basée à Porrentruy et Delémont a répondu à l’invitation de la Mife de Belfort hier. Objectif : rencontrer les candidats qui veulent travailler de l’autre côté de la frontière.

Avec un taux de chômage de 3,8 % et des salaires attrayants, le Jura suisse fait figure d’Eldorado pour les Belfortains en recherche d’emploi.

Consciente de la demande, des deux côtés de la frontière, la Mife (Maison de l’information sur les formations et l’emploi) de Belfort organise chaque année un forum « partir à l’étranger ». Mardi, il a à nouveau connu un franc succès. En particulier le volet travail en Suisse.

Devant le bureau de Daniel Rodriguez, directeur de l’agence de recrutement RG emplois, basée à Porrentruy et Delémont, il fallait de la patience pour attendre son tour. « Nous recherchons du monde dans le bâtiment, l’industrie, le médical, le secrétariat et l’horlogerie. Notre but, aujourd’hui, est de voir les compétences qui sont sur le marché pour répondre à nos clients. »

Daniel Rodriguez a engrangé les CV des candidats, à la recherche des profils espérés. « Beaucoup de frontaliers n’ont jamais travaillé en France et ne connaissent pas le système français », ajoute-t-il. « Quand un polisseur de carrure (pièce horlogère) se retrouve au chômage, il ne trouve rien en France. Nous recherchons aussi des tourneurs-fraiseurs sur boîtier de montre. »

La main-d’œuvre suisse ne suffit pas à couvrir les besoins des entreprises. Les Français peuvent aussi avoir des compétences recherchées côté helvète. « Lorsque ETA Swatch s’est implanté à Boncourt, en 2013, il a embauché 500 frontaliers, comme opérateurs », souligne Daniel Jakubzak, responsable du club affaires franco-suisse. Le voisin helvète absorbe une partie des salariés français, au détriment sans doute des entreprises tricolores. « Les Suisses recrutent beaucoup dans l’hôtellerie-restauration, l’horlogerie, les machines-outils et les métiers de la santé. » Des branches qui, pour certaines, manquent de bras chez nous aussi.

Aussi des contraintes

« Pour monter un dossier de postulation, nos conseillers passent une heure par personne », ajoute Valérie Brenot, directrice de la Mife. « Quand un CV français tient sur une page, les Suisses veulent un vrai book d’une trentaine de pages, tout doit être justifié, argumenté. » Outre les séances d’informations collectives, la Mife propose des entretiens individuels pour accompagner ceux qui veulent aller voir ailleurs.

« Il ne faut pas non plus oublier les contraintes », avertit Daniel Jakubzak. « En Suisse, on travaille 40 h par semaine ou plus, les avantages sociaux sont très différents et on peut être viré du jour au lendemain. Il faut aussi prendre en compte les distances de déplacements et le fait que les frontaliers, même s’ils sont nombreux, ne seront jamais considérés comme des Suisses. » Bref, on bosse en Suisse, mais on ne fait pas copain avec les collègues.

Mife, place de l’Europe à Belfort, tél. : 03 84 90 40 00, www.mife90.org.

Isabelle PETITLAURENT
www.estrepublicain.fr

 



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