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La PME Suisse ne doit pas s’isoler dans l’UE
 
Le 06-12-2017

OPINION. Dans quelques mois, les Suissesses et les Suisses seront, comme en 1992, appelés aux urnes pour décider du sort de la Suisse. Soit notre pays s’enferme dans le club européen, soit la Suisse demeure une entité indépendante, souple, flexible et ouverte sur le monde, écrit Kevin Grangier, membre du comité de l’ASIN

Cela fait vingt-cinq ans jour pour jour que le peuple et les cantons suisses ont rejeté l’adhésion à l’EEE, affirmant ainsi leur attachement à la souveraineté de notre pays. Un quart de siècle durant, les relations entre la Suisse et l’Union européenne ont été marquées par l’avènement de la voie bilatérale et la ratification de nombreux accords. La Suisse et l’Union européenne se sont alors parlé sur un pied d’égalité, yeux dans les yeux, comme deux voisins qui se respectent.

Ce dialogue respectueux, la Commission européenne n’en veut plus. Depuis 2008, l’Union européenne exige de la Suisse qu’elle se soumette à un accord juridique avant de débuter toute nouvelle négociation bilatérale. A Bruxelles, on ne veut plus parler d’égal à égal avec Berne et le discours autoritaire a remplacé le dialogue respectueux.

Sans surprise, le Conseil fédéral s’est rangé du côté de la Commission européenne et a donc sollicité un mandat de négociation, en 2013, afin de discuter des termes de la subordination de la Suisse à la Cour de justice de l’UE. Parmi les rares contestations, il faut relever celle de l’Union suisse des arts et métiers, plus grande fédération des PME en Suisse, dont le comité a unanimement rejeté une telle soumission aux desiderata de l’UE.

Nouveau vote, comme en 1992

Faisant fi des contestations, le Conseil fédéral a pressé le pas avant de perdre complètement pied le dimanche 9 février 2014, quand le peuple souverain approuvait le frein à l’immigration de masse et s’en prenait au sacro-saint principe de la libre circulation des personnes. Pour le Conseil fédéral, tout était à refaire et à repenser mais l’exigence de l’UE demeurait. On ne traite plus d’égal à égal, vous vous soumettez un point c’est tout, voilà le message.

La Suisse demeure un petit pays flexible, ouvert et respectable, qui parle à tout le monde sur un pied d’égalité
Dernier épisode en date, la venue du président de la Commission européenne le mois passé qui, en plus d’avoir perçu un chèque généreux d’un montant de 1,3 milliard de francs, est venu s’enquérir de l’avancée d’un nouveau projet du Conseil fédéral soumettant la Suisse à la Cour de justice de l’UE. Ce dernier était promis pour la fin 2017.

Dans quelques mois, les Suissesses et les Suisses seront, comme en 1992, appelés aux urnes pour décider du sort de la Suisse. Soit notre pays s’enferme dans le club européen – qui ne représente que 7% de la population mondiale – à la structure lourde et inflexible. Soit la Suisse demeure une entité indépendante, souple, flexible et ouverte sur le monde. Le vote du 6 décembre 1992 était le plus important de sa génération. Celui à venir sur la soumission de la Suisse à un accord juridique sera le plus important de notre génération.

Réaffirmer notre indépendance

La Suisse est à l’image d’une PME. A l’échelle planétaire, elle est d’ailleurs une petite entreprise qui, comme toutes les petites entreprises, a tout intérêt à demeurer flexible, souple, innovante et compétitive. Si la Suisse fait le choix de l’indépendance, elle pourra poursuivre sur la voie du dialogue respectueux avec l’UE, mais aussi avec la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le monde entier. Comme pour les PME, c’est grâce à la multitude des clients que l’on conserve son indépendance et que l’on fait des affaires durables. Par opposition, si la PME Suisse n’a plus qu’un seul gros client qui exige de notre entreprise qu’elle se soumette à ses propres règles, alors la survie de notre PME est en danger.

La génération de 1992 avait dit non à une Suisse soumise et liée, malgré les promesses de prospérité qui, vingt-cinq ans après, se sont révélées infondées. A notre génération désormais de réaffirmer son indépendance afin que la Suisse demeure un petit pays flexible, ouvert et respectable, qui parle à tout le monde sur un pied d’égalité.

Kevin Grangier, membre du comité de l’ASIN
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