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LVMH, l’excellence par l’apprentissage
 
Le 24-10-2018
de SOPJH® - News des associations et de la formation

A Paris, la présentation annuelle des diplômes de l’Institut des métiers d’excellence du groupe LVMH a permis à son PDG, Bernard Arnault, de vanter l’apprentissage «à la suisse»

«Pas d’industrie du luxe durable sans excellence artisanale»: à Paris mardi, le PDG du groupe LVMH, Bernard Arnault, n’était pas dans son rôle habituel de financier hors pair, face à des analystes pressés d’évaluer les convulsions boursières de son empire, numéro un mondial du luxe. Au contraire.

Devant lui, assis et attentifs? Plusieurs centaines d’élèves de l’Institut des métiers d’excellence (IME) lancé en 2014 par LVMH. Un public de jeunes gens, tous résolus à intégrer à l’avenir les 70 marques internationales détenues par l’entreprise dans les domaines de la joaillerie (Bulgari, TAG Heuer, Chaumet, Dior Montres, Zenith, Fred et Hublot), de la maroquinerie (Louis Vuitton), des parfums (Dior, Guerlain, Givenchy), de la mode (Céline, Loewe, Kenzo) ou des vins et spiritueux (Dom Pérignon, Moët Hennessy, Veuve Clicquot).

«La réputation d’un groupe comme le nôtre repose sur trois piliers, a expliqué Bernard Arnault devant cet auditoire convoqué pour la remise annuelle des diplômes de l’IME: créativité, tradition et patrimoine. Or l’apprentissage permet de concilier les trois.»

90% d’élèves embauchés à l’issue de leur scolarité

Juste avant son intervention, le milliardaire français avait pris soin d’examiner une série de créations des étudiants de l’IME. Son guide pour l’occasion? Chantal Gaemperle, directrice des ressources humaines et des synergies de LVMH. Une dirigeante attachée, au-delà de l’expérience de l’IME, au modèle helvétique d’apprentissage, en alternance entre entreprise et école, qu’elle a cité d’emblée lors de sa présentation.

L’Institut des métiers d’excellence est d’ailleurs présent en Suisse depuis deux ans, en association avec l’école d’horlogerie du groupe LVMH au Locle: «Nous nous sommes inspirés du modèle suisse en la matière. Il répond à la fois aux exigences de qualité et à l’employabilité des jeunes», a-t-elle expliqué. Tandis que, sur l’écran géant, une apprentie de l’école du Locle, Camille Tieche, livrait son témoignage en vidéo devant les futurs diplômés:

«Apprendre, c’est d’abord accepter que rien n’est impossible», souriait la jeune femme devant la promotion 2018 de l’institut dont les bons résultats se résument en deux chiffres: 96% de réussite en 2017 et 90% d’élèves embauchés à l’issue de leur scolarité.

On parle beaucoup des start-up, mais si vous restez dans ce registre, c’est mauvais signe. Il faut croître et fidéliser
Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH

Du côté des statistiques, l’Institut des métiers d’excellence affiche, en quatre ans d’existence, une insolente santé. Plus de 500 apprentis formés depuis 2014. Deux cent soixante maîtres d’apprentissage et tuteurs. Quinze écoles partenaires en France, en Suisse et en Italie, vingt formations du certificat professionnel au master 2 et plus de cent «masterclasses» organisées en quatre ans. Un réservoir de talents dans lequel le groupe LVMH puise évidemment: en octobre 2018, 60% de ses diplômés avaient trouvé un emploi au sein du groupe et de ses partenaires externes.

Une fidélité saluée par Bernard Arnault, à la fois admirateur de l’esprit «start-up» et sceptique envers la mobilité permanente et débridée dans le secteur numérique: «On parle beaucoup des start-up, mais si vous restez dans ce registre, c’est mauvais signe. Il faut croître et fidéliser. Or l’artisanat rime avec pérennité», a ironisé le patriarche de LVMH, dont la fille Delphine n’est autre que l’épouse de Xavier Niel, l’influent patron de Free, géant français des télécoms et de l’internet présent en Suisse avec l’opérateur Salt.

Plongée dans les banlieues

Point d’orgue de cette présentation: l’annonce de la prochaine organisation, à la mi-janvier, du village de l’Institut des métiers d’excellence LVMH à Clichy-sous-Bois, dans la banlieue de Paris. Une plongée volontariste dans des zones urbaines d’ordinaire à l’écart des magasins de luxe, dans le cadre de l’initiative «Egalité des chances» de l’IME.

«Revaloriser l’apprentissage et lui redonner ses lettres de noblesse est non seulement possible mais extrêmement profitable pour nos entreprises», a complété Florence Rambaud, directrice de l’institut, en insistant sur l’importance de la «deuxième chance», thème cher au président français Emmanuel Macron. Avec, en forme de devise, cette citation de Christian Dior applicable à tous les métiers et affichée sur l’écran au siège de LVMH, sur la prestigieuse avenue Montaigne: «Même dans l’extravagance, la mode doit avoir du sens.»

Richard Werly
LE TEMPS

 



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