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Le CSEM, trait d’union entre le quartz et les technologies mobiles
 
Le 06-09-2017
de SOPJH® - News des associations et de la formation

Le Centre suisse d’électronique et de microtechnique a célébré mardi le cinquantième anniversaire de la montre à quartz. Pour son directeur, Mario El-Khoury, cette innovation a permis de lancer le développement des «wearables», ces technologies embarquées sur l’homme

Champagne et petits fours. Mardi à Neuchâtel devant plus de 200 invités, le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) a célébré les 50 ans de la montre à quartz. Les premières versions, baptisées «Beta 1» et «Beta 2», ont en effet été présentées au concours annuel de précision de la Société suisse de chronométrie en 1967.

En guise d’anecdote, le CSEM a rappelé que ses modèles avaient alors raflé les dix premières places de la compétition, loin devant les pièces fabriquées par les Japonais. Mais ces derniers se rattraperont deux ans plus tard en commercialisant les premiers gardes-temps à quartz pour le grand public.

Cet anniversaire marque aussi l’occasion de souligner que, contrairement à ce que la mémoire collective retient généralement, cette technologie n’est pas responsable de la crise qu’a connue l’industrie au tournant des années 1980.

L’historien Pierre-Yves Donzé l’a démontré dans son travail: la perte de dizaines de milliers d’emplois horlogers entre 1970 et 1985 a surtout été liée au fait que les horlogers suisses ont tardé à rationaliser leurs outils de production.

Le directeur du CSEM, Mario El-Khoury, va même plus loin. «Le quartz a permis d’amorcer l’énorme tendance que l’on appelle aujourd’hui les «wearables» (smartwatches et autres technologies embarquées sur l’homme) car, pour la première fois, nous introduisions de l’électronique ultra-miniaturisée dans un élément porté par tout le monde, tous les jours… Ce qu’il s’est passé il y a cinquante ans a été pour nous un événement majeur, tant au niveau commercial qu’émotionnel.»

Pour ce qui s’appelait alors le «Centre électronique horloger» – il ne sera baptisé CSEM qu’en 1984, lors de sa fusion avec deux autres instituts –, la montre à quartz est l’invention qui l’a ancré dans le paysage de l’innovation suisse. Il y en a eu d’autres.

Mario El-Khoury: «C’est nous qui avons débarrassé le monde de la souris d’ordinateur mécanique en développant la première souris à lecteur optique commercialisée plus tard par Logitech.» Les spiraux horlogers en silicium – plus précis, plus légers, plus solides – sont également sortis de ses laboratoires.

Swatch, Richemont, LVMH…

Même si son nom ne renvoie plus directement au monde horloger, le CSEM et ses 450 employés – dont 350 à Neuchâtel – restent en apparence encore liés à cette industrie. En février, Swatch Group annonçait avec lui le développement d’un «écosystème Swiss made» pour des montres connectées.

En mars, les deux entités présentaient «la plus petite puce Bluetooth au monde». Quelques semaines plus tard, Richemont ouvrait son propre centre de recherches à proximité du CSEM. Mi-septembre, Zenith (groupe LVMH) va faire connaître une nouveauté pour laquelle le centre de Mario El-Khoury a collaboré.

Les fabricants de montres sont également présents dans la structure actionnariale de cette organisation à but non lucratif. On y retrouve Swatch (11%), Richemont (6%) et Rolex (6%) aux côtés d’entités comme l’EPFL (13,8%), la Fondation du CSEM (22%), l’Etat de Neuchâtel (9,8%) ou encore Sonova (4,6%) ou Siemens (2%).

N’est-il pas compliqué pour Mario El-Khoury de devoir composer avec une somme d’intérêts aussi éloignés, sinon concurrents? «Absolument pas. Notre mission est claire et fédératrice: soutenir l’industrie suisse dans sa démarche d’innovation. Et nos actionnaires n’ont pas davantage de droits que les autres sociétés avec lesquelles nous travaillons…»

Pansement intelligent et panneaux solaires

L’industrie horlogère ne représente en fait que 20% des projets du CSEM, qui a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 80 millions de francs. Son nom apparaît aussi dans la medtech, l’aéronautique, les transports ou l’énergie. «Nos projets horlogers touchent naturellement le grand public suisse. Mais, en réalité, hors de nos frontières, le pansement intelligent (développé avec l’EMPA) ou la mise au point de panneaux solaires blancs ont eu davantage d’échos», assure Mario El-Khoury.

La plupart du temps, le CSEM développe ses propres idées et tente de les vendre aux entreprises. Parfois, l’impulsion naît du côté de l’industrie, qui vient chercher des compétences particulières dans le centre neuchâtelois.

«Le plus important pour nous, c’est que nos projets ne finissent pas dans les tiroirs. Qu’ils ne soient pas achetés par une entreprise uniquement pour bloquer ses concurrents mais qu’ils génèrent des emplois en Suisse. C’est à ce moment-là qu’on débouche le champagne», conclut Mario El-Khoury.

Valère Gogniat
LE TEMPS

 



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