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Les trois innovations à retenir de l’EPHJ
 
Le 20-06-2018
de EPHJ - EPMT - SMT

Plus de 820 exposants ont répondu présents au dernier salon des sous-traitants, qui a fermé ses portes le 15 juin dernier à Genève. Cette plate-forme unique en Suisse met en lumière des recherches et des développements habituellement soustraits aux regards.

Une petite révolution dans le domaine de l’étanchéité, une innovation qui promet de booster le développement des mécanismes flexibles et de nouvelles couleurs luminescentes pour des cadrans toujours plus fous, c’est ce qu’il faut retenir de l’EPHJ, le salon des professionnels de l’horlogerie qui rassemblait plus de 800 exposants à Palexpo Genève, du 12 au 15 juin dernier. Une manifestation de plus en plus courue par les marques, conscientes que l’innovation - la vraie ! - prend sa source dans les hautes écoles et au sein du tissu industriel que composent les sous-traitants.

Assemblage sans colle

Hébergée par l’incubateur de La Chaux-de-Fonds Neode, SY&SE (prononcez saï and si) est une spin-off de la Haute École Arc - Ingénierie (HE-Arc). Née de la collaboration entre cette dernière et Cartier - dont la manufacture se trouve également à La Chaux-de-Fonds -, la jeune entreprise s’est attaquée à un véritable dogme technologique. Partant du constat qu’une grande part des retours en SAV concernent l’étanchéité de la montre, SY&SE a développé une technique de soudure à froid qui permet de sceller du verre-saphir à quasi n’importe quel métal ou céramique sans colle : « Il existe actuellement deux méthodes d’assemblage qui garantissent l’étanchéité, explique Bertrand Späth, responsable business development. Utiliser une colle, ou le procédé appelé Anodic Bonding, qui consiste à souder le verre en l’exposant à un courant électrique. » Problèmes : la colle s’altère avec le temps, tandis que la soudure ne fonctionne qu’avec le silicium.

Baptisée ICB (pour Impulse Current Bonding), la solution brevetée par SY&SE remplace le courant continu de l’Anodic Bonding par des impulsions électriques. Un procédé qui localise et limite l’échauffement des matériaux (150 °C contre 450 °C) et qui permet surtout de fusionner du verre-saphir directement à de l’acier, de l’or, du platine ou de la céramique. Cette technologie, qui ouvre de larges perspectives dans l’horlogerie mais aussi dans les MedTech, a reçu le Grand Prix des Exposants 2018, qui récompense la meilleure innovation de l’EPHJ.

Micro-moulage par injection directe

En lice également pour cette distinction : Vulkam, une start-up basée à Grenoble. Issue d’un laboratoire de recherche, elle a développé des métaux amorphes - souvent appelés « verres métalliques » - à même d’être moulés comme du plastique. « La structure atomique des métaux est habituellement cristalline, souligne le Président et CEO Sébastien Gravier. Dans les métaux amorphes, les atomes sont positionnés de manière aléatoire. Résultat : ils sont dotés de propriétés extrêmes, comme une limite élastique très élevée et une résistance mécanique multipliée par deux. » Une dizaine d’alliages ont déjà été mis au point.

Actuellement, les seuls produits disponibles sont basés sur des formules optimisées pour leur facilité de mise en forme. Cette limitation - levée par Vulkam - tient à la difficulté technologique d’élaborer des pièces en métaux amorphes. C’est la raison pour laquelle la start-up a également développé un procédé de micro-moulage par injection directe, lequel permet des résultats plus précis que par usinage et d’excellents états de surface. Une technologie idéale pour faire avancer l’un des terrains de recherche très en vogue dans l’horlogerie mécanique : les mécanismes flexibles. « Toutes les marques actives dans ce domaine sont déjà venues nous voir », confirme Sébastien Gravier, sans pouvoir citer de nom.

Une performance doublée

Dans le domaine de l’habillage, c’est la société LumiNova qui se distingue cette année. Joint-venture entre le Japonais Nemoto et l’Appenzellois RC Tritec, elle est spécialisée dans la fabrication de matières luminescentes, utiles dans l’horlogerie pour les aiguilles et les cadrans. Longtemps cantonnée au bleu et au vert pour des raisons propres à la composition des ingrédients, elle propose en 2018 les teintes rose, jaune, orange et bleu foncé - après le blanc et le violet en 2017. « Ce sont de nouveaux cristaux pour les couleurs de nuit, détaille Albert Zeller, CEO de RC Tritec. Ils sont à base d’aluminate de strontium ou d’aluminate de calcium, auxquels on ajoute de la terre rare. C’est très difficile à obtenir, contrairement aux couleurs de jour, dont nous avons plus de 3’000 nuances. »

Chaque grain de Super-LumiNova fonctionne comme un mini-accumulateur : soumis à de la lumière, les électrons se mettent à vibrer pour atteindre un degré énergétique plus élevé. Une activité électronique que la matière va devoir perdre une fois dans l’obscurité. L’énergie ainsi libérée se traduit par une émission de lumière. « Nous avons déposé des brevets sur ces nouveaux pigments, dont la performance a doublé », conclut Albert Zeller.

Par Fabrice Eschmann
FHH Journal

 



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