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Dynatec, expert de l’usinage du carbone pour l’habillage de montres
 
Le 27-09-2019

L’entreprise de Préverenges, qui façonne aussi bien les métaux que les matières synthétiques, vogue d’un secteur à l’autre.

Un jour il est dans une usine qui produit des fromages, un autre il se retrouve dans le monde du luxe, chez une grande marque de montres haut de gamme. Voilà le statut de sous-traitant qu’affectionne Franco Antoniazza, directeur général de Dynatec SA, société spécialisée dans l’usinage de haute précision des matières synthétiques et des métaux.

L’entreprise de Préverenges travaille pour l’horlogerie (boîtes et composants d’habillage) mais également pour les domaines du medtech (dispositifs médicaux), de l’aéronautique (composants pour drones) et de l’industrie, pour laquelle ses pièces équipent notamment des outillages, palettes de transport, pompes, machines d’emballage, matériel ferroviaire, etc. «On saute du coq à l’âne, dit-il avec le sourire. Ça nous ouvre l’esprit et on garde les pieds sur terre. Notre moteur, c’est de faire les choses, expérimenter les matériaux.»

Deux unités distinctes

Sur le site du chemin du Vuasset, les activités sont en réalité séparées par une cloison dans deux unités distinctes: d’un côté l’usinage des pièces synthétiques, représenté par Dynatec, de l’autre l’unité de production de pièces métalliques (ferreux, alu, magnésium) destinées principalement à l’industrie sous la marque sœur Antoniazza Mécanique SA. Elles occupent au total une quarantaine d’employés. Pour le directeur général, il s’agit toutefois plus d’une complémentarité que d’une diversification car l’outil d’usinage et les machines – toutes fabriquées en Suisse – s’adaptent d’une matière à l’autre. Le groupe produit entre 25 000 et 30 000 composants par année. Mais si le segment habillage montres est plus profitable, ces deux activités couplées permettent selon lui de garder un équilibre sur le long terme.

Le sous-traitant, indique son patron, vise une qualité industrielle dans ses divers produits grâce à un accroissement des compétences. La société mise ainsi sur un personnel très qualifié composé d’ingénieurs, de polymécaniciens et de gens diplômés dans des écoles de production industrielle. Mais elle compte aussi sur un parc de machines de pointe très robotisées. Certaines d’entre elles valent jusqu’à 800 000 fr. Un centre d’usinage cinq axes avec broches de reprises est ainsi en mesure de produire vingt-quatre heures sur vingt-quatre des pièces de carbone toutes faites à partir d’ébauches amenées à l’outil sur des palettes automatisées, par exemple pour la fabrication des boîtiers de montres.

Deux tonnes de carbone

Dynatec usine chaque année près de 2 tonnes de carbone. Depuis sa naissance en 1992, l’entreprise traite diverses matières synthétiques. À partir de 2007, elle s’est lancée dans le carbone forgé, soit coulé dans un moule. Et depuis 2014, elle usine des pièces dans des plaques de carbone comportant un liant thermoplastique à haute température appelé peek. Cette matière, qui se présente en rouleaux pré-imprégnés, est chauffée et pressé pour former ces plaques contenant jusqu’à 135 couches, orientées en différentes directions, afin de lui donner sa solidité. Le carbone est ensuite découpé en blocs avant l’usinage.

Beaucoup de manufactures horlogères utilisent aujourd’hui cette matière technique dans les montres, explique l’entrepreneur. Elles commandent des séries limitées de 40 ou 50 pièces ou jusqu’à plus d’un millier. Ce type de carbone récent se trouve dans des modèles vendus à partir de 10 000 fr., dit-il. Car la technique de mise en œuvre pour l’usinage dans la masse est complexe. «C’est une matière à part entière qui a sa raison d’être dans les pièces mécaniques. Ce n’est pas seulement une mode.» Au début, dans les années 1970, elle était utilisée principalement dans les transports et l’aéronautique en raison de son poids extrêmement léger et de sa haute résistance. Sa couleur noire a également contribué à sa diffusion dans l’horlogerie. L’entreprise cherche toutefois des solutions pour intégrer des couleurs au carbone, ce qui n’est pas chose aisée en raison de la température élevée du pressage, qui monte jusqu’à 400 °C. Elle planche également sur une nouvelle matière synthétique pour des composants de montres. Rappelant que la tendance aujourd’hui est à l’environnement, le CEO n’en dira toutefois pas plus pour l’heure.

10% du CA dans les équipements

Dynatec investit quelque 10% de son chiffre d’affaires annuel dans ses équipements et une part semblable dans la recherche et le développement, principalement sur les matériaux. Un domaine pour lequel elle a des contacts tant avec l’EPFL que la HEIG-VD à Yverdon. Toutefois, remarque Franco Antoniazza, lui-même ingénieur formé à l’école polytechnique lausannoise, «à notre échelle, nous n’avons pas les moyens de suivre toutes nos idées».

Comme Dynatec, Antoniazza Mécanique SA a été créé en 1993 par les trois mêmes investisseurs: Franco Antoniazza, qui a repris à l’âge de 20 ans cet atelier mécanique fondé par son père dans les années 1950, Olivier Chilo et Daniel Bertschi. Ce dernier a cédé ses parts à ses deux partenaires en 2014, à l’âge de la retraite. Passionné de mécanique horlogère et automobile, le CEO n’est aujourd’hui pas encore en phase de songer à la succession. Mais il affirme vouloir renforcer la direction et lui laisser à l’avenir plus d’autonomie.

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