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Quand l’or étincelle, l’argent scintille
 
Le 05-03-2019

En 2019, le cours de l’argent devrait progresser moins rapidement que celui de l’or, car l’offre de ce métal tend à être excédentaire, estime Nitesh Shah, directeur de la recherche de Wisdom Tree.

A l’instar de l’or, l’argent a enregistré une belle hausse fin 2018: il a progressé d’un peu plus de 10% au mois de décembre. La corrélation élevée entre ces deux métaux, qui est d’environ 80%, explique en partie ce brusque regain de vigueur. La hausse de l’argent devrait se poursuivre et son cours pourrait atteindre 16,6 dollars/once d’ici au troisième trimestre 2019, avant de revenir à 16,3 dollars/once à la fin de l’année. La progression de l’argent sera probablement moins impressionnante que celle de l’or du fait du ralentissement de l’activité manufacturière et de l’augmentation probable de l’offre en provenance des sociétés d’exploitation minière.

ontrairement à l’or, l’argent possède bon nombre des caractéristiques d’un métal industriel: il est utilisé à hauteur de 50% et plus pour des applications industrielles (à titre de comparaison, pour l’or, cette proportion n’est que de 10%). L’évolution de son cours est donc très influencée par la situation de l’offre et de la demande de métal physique alors que, pour l’or, d’autres facteurs, d’ordre monétaire, sont prépondérants. Il s’agit par exemple des rendements des bons du Trésor, des taux de change et de l’inflation.

Réduction de la demande

La demande d’argent métal pourrait être évaluée à l’aune de l’activité industrielle. Les indices des directeurs d’achat pour le secteur manufacturier (indices PMI) ont culminé début 2018 et nous tablons sur la poursuite de leur tendance baissière en 2019, mais ils ne devraient pas franchir le seuil de 50% qui marque la limite entre contraction et expansion de l’activité économique. Quoi qu’il en soit, le ralentissement de l’activité manufacturière devrait se traduire par une réduction de la demande d’argent.

Côté offre, l’activité minière pourrait augmenter. En effet, après avoir traversé une période prolongée de contraction, les dépenses d’investissement ont repris l’année passée. Il devrait donc y avoir reprise de l’activité d’extraction et, par suite, accroissement de l’offre de métal. Cependant, la majeure partie de l’argent métal provenant de l’exploitation d’autres métaux, le fait qu’il ait semblé relativement bon marché par rapport à l’or ces dernières années ne peut pas être imputé à la réduction de l’activité minière.

Selon les dernières données révisées du Silver Institute, l’offre d’argent a été excédentaire en 2017 et 2018. Pourtant dans sa dernière enquête annuelle publiée au premier semestre 2018, l’institut estimait que l’offre d’argent avait été déficitaire en 2017. Le fait qu’il a révisé sa position, tant pour 2017 que pour 2018, période pour laquelle il a également revu l’excédent à la hausse, indique qu’il y a surabondance de métal.

Bien que l’essentiel de l’accroissement des stocks d’argent physique disponibles au Comex porte sur du métal «admissible» (c’est-à-dire qu’il correspond aux exigences de la bourse) et non pas sur du métal «enregistré» (c’est-à-dire qu’il correspond aux exigences de la bourse et qu’il a été enregistré en tant que garantie pour des opérations sur les marchés à terme), ces deux types de stocks ont augmenté. Cette tendance indique, elle aussi, une disponibilité élevée du métal physique.

Le ratio or/argent indique que le second est relativement bon marché par rapport au premier, ce ratio se situant en effet à 1 écart-type au-dessus de sa normale historique. Toutefois, du fait de la récente progression des cours de l’argent, l’écart entre les deux métaux précieux tend à se réduire. Nous estimons néanmoins que l’or est susceptible de prendre clairement l’avantage sur l’argent du fait de son caractère d’actif purement défensif qui n’a pas une exposition similaire au cycle industriel. En d’autres termes, si l’argent est relativement bon marché, il y a de bonnes raisons à cela.

Un certain nombre de facteurs d’ordre structurel pourraient néanmoins venir pousser les cours du métal à la hausse. L’élargissement du parc de véhicules électriques se traduirait par une croissance de la demande du fait que l’argent est principalement utilisé dans les raccordements électriques, lesquels sont plus nombreux dans les véhicules électriques et les véhicules autonomes que dans les automobiles traditionnelles.

L’accroissement du nombre de panneaux solaires irait également dans ce sens dans la mesure où le photovoltaïque s’est avéré être le principal moteur de croissance de la demande d’argent destiné à un usage industriel.

Un troisième élément de disruption pourrait venir des conflits commerciaux avec les Etats-Unis. Il faut en effet rappeler que le Mexique est le plus gros producteur mondial d’argent et qu’il fournit près de la moitié des importations américaines de ce métal. Ces trois facteurs doivent donc être suivis de près, car ils pourraient faire dévier les cours de l’argent de la trajectoire prévue.

Le Temps

 



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