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L’horlogerie va continuer de recruter des frontaliers
 
Le 18-06-2018

Dans la nomenclature des métiers suisses, il s’agit du numéro 25 202. Un vague “Autres professions de l’horlogerie”. Qui compte selon les chiffres du Secrétariat à l’Economie 671 chômeurs sur 7245 actifs. Soit un taux de chômage au 1er janvier de 9,3 %, supérieur au chiffre de 8 % que le Conseil fédéral a établi pour faire entrer les professions dans le champ de « la préférence indigène light » qui s’appliquera dès le 1er juillet (voir ci-contre). Péril sur l’emploi des frontaliers ?

Au Salon de l’Horlogerie, des Microtechniques et des Techniques Médicales, qui dure jusqu’à vendredi, les PME du secteur estiment que cela ne devrait pas leur nuire. Formellement d’ailleurs, les frontaliers ont les mêmes droits que les travailleurs suisses selon les accords entre l’Union Européenne et la Suisse. Mais bien sûr, pratiquement, cela dépendra des politiques de chaque Office Régional de Placement, qui varient d’un canton à l’autre…

Swissness rapatrie des productions d’Asie

Le plus important reste quand même que ce secteur économique a besoin des frontaliers. « Après deux années difficiles, la conjoncture est bonne. Le secteur va continuer à embaucher pour autant que le monde reste calme, car nous dépendons des soubresauts géopolitiques » relève Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération Horlogère. En attendant, la reprise mondiale est bien là, et les ventes des montres suisses sont tirées par la Chine et Hong Kong.

C’est donc bon pour l’emploi, comme un autre phénomène : le rapatriement de productions asiatiques vers la Suisse dans la sous-traitance horlogère. « Swissness nous impose de fabriquer une partie de la valeur des montres en Suisse, mais aussi d’y réaliser certaines opérations comme l’assemblage, l’étampage ou le polissage. Nous cherchons donc de la main-d’œuvre comme beaucoup de collègues » explique ce patron d’une petite entreprise jurassienne.

Gil sertissage SA, entreprise de La Chaux-de-Fonds, vient d’ailleurs d’engager deux Français. « Il y a plein de métiers que l’on ne forme plus chez nous et d’autres où l’on recrée des apprentissages, mais les nichées (NDLR : promotions) ne sont pas encore sorties » souligne Jonathan Gil, patron de la société. Ce chef d’entreprise qui usine des pièces pour l’horlogerie à Genève fait le même constat. « Dans mon personnel, je n’ai que des frontaliers, car il n’y a même plus de formation en décolletage sur Genève ».

Les frontaliers ont donc des compétences précieuses et la préférence indigène n’y changera rien. « Si, ça nous rajoutera de la paperasse pour rien, mais on commence à en avoir l’habitude ! » conclut Jonathan Gil.

Par Sébastien COLSON
www.ledauphine.com

 



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