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L’horlogerie cherche à produire autrement
 
Le 31-05-2018

Job Watch observe une forte volonté de recrutement dans la R&D industrielle, depuis plusieurs mois. C’est ce que révèle le deuxième baromètre de l’emploi horloger, publié par «Le Temps» en collaboration avec le site d’annonces

C’est davantage qu’un simple coup de mieux. Depuis environ dix-huit mois, les exportations horlogères repartent à la hausse. En avril, la progression atteint 14% sur un an. Les perspectives s’améliorent au fil des mois. Et cela se voit aussi dans la volonté d’embauche, qui se confirme tant chez les marques que chez leurs sous-traitants, selon les données fournies au Temps par la société Job Watch.

Déjà visible en octobre dernier, au moment de notre dernier pointage, la hausse des offres d’emploi s’est encore renforcée au cours des quatre premiers mois de l’année. A la fin d’avril, 230 annonces étaient publiées sur Jobwatch.ch, le site neuchâtelois spécialisé dans l’horlogerie et la micromécanique.

C’est 45 de plus qu’il y a six mois. C’est aussi un chiffre deux fois plus élevé qu’il y a deux ans, lorsque l’industrie suisse de la montre était au creux de la vague et que les entreprises songeaient davantage à réduire leurs effectifs qu’à les étoffer.

L’horizon plus lointain s’éclaircit

Mais il est un autre signe qui, lui, laisse penser que l’horizon plus lointain s’éclaircit lui aussi. Le détail des annonces publiées sur Job Watch démontre une réelle volonté d’investir dans la recherche et le développement (R&D). C’est le cas chez les sous-traitants et au sein des marques.

Pour cette catégorie, presque tous les types de métiers (dessin, laboratoire, technique, ingénierie électronique…) sont concernés par cette hausse des besoins. Mais depuis un an, ce sont surtout les équipes actives dans la fabrication et de l’industrialisation qui sont les plus demandeuses de compétences dans la recherche et le développement. Le nombre d’offres dans ces domaines a triplé, passant de 18 à 55. Les annonces pour le développement et la construction de machines sont elles aussi en progression, bien que dans des proportions moins élevées.

Faut-il en déduire que les horlogers investissent dans des nouveaux appareils de production? Pas forcément. Lors de son bilan annuel, le fabricant jurassien de machines-outils Tornos a d’ailleurs signifié le contraire: le poids de l’industrie horlogère dans ses entrées de commandes avait reculé de 11% à 4%, en 2017.

Faire mieux avec la même chose

En fait, il s’agirait surtout d’un besoin d’amélioration des chaînes de production. Comme dans d’autres secteurs de l’industrie, «on entend énormément parler d’industrie 4.0, relate Damien Frochaux, le directeur commercial de Job Watch. Nos clients cherchent à mieux communiquer avec les machines, à les faire communiquer entre elles, à faire de plus petites séries, à se montrer plus flexibles.»

Ainsi, dans le flux d’annonces publiées par Job Watch, de nombreuses offres ont des points communs. On cherche des chefs de projet, des responsables méthodes ou des spécialistes de l’industrialisation. Par exemple, une entreprise des Montagnes neuchâteloises est actuellement en quête d’un ingénieur en microtechnique qui puisse «analyser les processus existants pour améliorer la production, imaginer les processus de fabrication du futur et diminuer les opérations de manutention par la mise en place de nouveaux processus».

Autrement dit, dans les salles de production, on cherche quelqu’un qui prenne de la hauteur et qui soit capable de faire mieux avec la même chose.

Servan Peca
LE TEMPS

 



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